Questions de….
L’homéopathie ?
L’homéopathie existe depuis deux cents ans environ. Il s’agit d’une méthode de soin relativement nouvelle (mais dont les principes sont parfaitement bien établis sur des données expérimentales et cliniques), simple et peu coûteuse.
Historiquement, c’est Hahnemann, toxicologue allemand qui est à l’origine de cette méthode.
Pour le public non connaisseur de la méthode homéopathique, la question principale est la suivante : est-ce que ça marche ?
Souvent beaucoup de patients se trouvent déçus par cette méthode, n’obtenant pas les résultats escomptés. Parfois l’abandon est rapide dès le premier essai, parfois on s’accroche plus ou moins longtemps puis on finit par abandonner, faute de résultats probants.
Alors pourquoi cela marche sur les autres et pas sur moi ?
Il y a plusieurs possibilités à cela. Passons-les en revue :
• La première est liée à l’un des dogmes de l’homéopathie : l’individualisation. Afin de bien prescrire, le praticien est obligé de reconnaître chez le patient ce qu’il y a en lui de plus particulier lorsqu’il exprime ses symptômes.
Si cette particularité n’est pas obtenue au cours de l’examen et de l’interrogatoire, il y a peu de chance pour que la prescription agisse correctement.
• La deuxième cause est liée à la connaissance des remèdes : si le praticien ne connaît pas la base de sa pratique (c’est-à-dire la matière médicale) il risque d’échouer en prescrivant un remède approximatif.
• Le remède correspondant au malade n’existe pas dans la matière médicale ou a été mal expérimenté.
• Le remède a été mal fabriqué… (par exemple une souche à base d’un venin comme Apis a été chauffé selon la législation en vigueur perdant ainsi toutes ses propriétés)
• Il peut s’agir d’un blocage du à la prise répétée de médicaments, de substances toxiques (comme les drogues), de vaccination ou d’une maladie qui ne s’est pas exprimée correctement. Les homéopathes appellent cela un barrage. Pour que le remède agisse, il est alors nécessaire d’éliminer une cause sous-jacente qui permet au remède d’agir. Ceci n’est pas formulé par une théorie mais validé par la pratique.
Les intoxications chroniques doivent donc être levées d’abord : rien ne peut remplacer une hygiène correcte. Les remèdes homéopathiques ne peuvent lutter contre une intoxication répétée sur une longue période.
Si on ne peut faire pousser des ananas en Picardie, il semble illusoire de soigner un asthme quand une personne vit près d’une source polluante … De même un enfant qui habite dans une région humide dont l’asthme s’améliore dès qu’il va voir sa famille dans la région de Séville, il sera peut être préférable qu’il habite dans une région moins humide…
L’homéopathie est donc difficile à pratiquer, elle ne répond pas à une demande par des examens complémentaires puis par un traitement stéréotypé selon les principes de la médecine basée sur les statistiques et les recueils de données (Evidence based medicine), mais sur une étude approfondie de tout ce qui constitue la personne qui vient consulter.
Le travail est parfois lent et contraignant mais au bout du compte le résultat est là.
Autre chose à comprendre : l’homéopathie n’est pas une méthode de recettes. On ne prescrit pas le même remède à deux personnes présentant la même maladie tout simplement parce que l’expression même de la maladie est différente pour ces deux malades.
En dehors des épidémies dont la « force » est telle que les symptômes sont similaires à toute la population contaminée (ex de la grippe), les maladies provoquent des symptômes avant tout propres à un malade. Ce n’est donc pas la maladie que l’on soigne mais le patient… On revient au principe de l’individualisation cité plus haut.
La deuxième épreuve que doit supporter l’homéopathie est la notion d’infinitésimalité.
Les remèdes homéopathiques sont des préparations dans lesquelles il n’y a guère de produit actif. Les détracteurs parlent de prise de sucre ou d’eau ne pouvant imaginer un autre modèle que celui de la théorie chimique (sur laquelle se base la médecine conventionnelle) dont les mécanismes sont relativement connus et qui veut que le médicament agisse sur un récepteur tissulaire ou membranaire.
Par exemple un antibiotique agit en se fixant sur la membrane cellulaire d’une bactérie provocant alors une lyse de celle-ci répétant son action sur toutes les bactéries qui ont envahie l’organisme.
Quelques notions un peu techniques
Puisque, par le mode préparatoire, les médicaments homéopathiques ne contiennent pas assez de substance active, nous ne pouvons concevoir l’homéopathie selon ce modèle biochimique.
Le mécanisme d’action de l’homéopathie doit être compris sur un autre modèle, probablement physique et non pas chimique.
Josephson l’a bien compris.
Qui est Brian Josephson ? Britannique, l’un des plus brillant scientifique de ce siècle recevant à l’age de 33 ans un prix Nobel de physique. Un article intéressant pathological disbelief montre avec quelle intensité certains scientifiques réfutent des phénomènes selon le postulat majeur que « ça marche mais, comme selon nos croyances ça ne doit pas marcher, alors ça ne marche pas ! »
Il s’est intéressé aux travaux de Jacques Benveniste, l’a invitéà donner une conférence à Cambridge. Josephson, à la mort de Benveniste, à repris ses travaux.
Revenons quelques années en arrière, lorsque Jacques Benveniste proposa dans le journal Nature un article suite à ses expériences de dégranulations des leucocytes éosinophiles grâce à une action d’histamine diluée selon la méthode homéopathique à la 200ème une réponse plutôt engagée : l’eau aurait une mémoire, cette mémoire correspondant à une empreinte laissée par un principe actif…
L’expérience de Benveniste et ses conclusions provoquèrent un véritable tollé au sein de la communauté scientifique, d’une part, l’expérience fut dénoncée comme malhonnête et d’autre part, la conclusion évoquant une mémoire de l’eau fut ridiculisée.
Les personnes intéressées peuvent lire cet article relatant les faits et toute la polémique autour de l’expérience. Le lecteur découvrira une face inconnue de la communauté scientifique !
En revanche, d’autres travaux qui se veulent être en faveur de l’homéopathie, comme ceux de Rolland R.CONTE, Henri BERLIOCCHI, Yves LASNE, Gabriel VERNOT, sur les hautes dilutions, risquent de paraître incompréhensibles si on y introduit des notions trop farfenues :
“Lorsque de la matière disparaît, elle laisse ce que les auteurs ont appelé un “trou blanc” par opposition au “trou noir” dans lequel la matière est superdense. Ceci implique que, pour tout niveau de dilution jusqu’au nombre d’Avogadro, des ondes rémanentes de nature neutronique sont créées, et en conséquence réorganisent la structure du solvant. Cette organisation sous-tend le concept d’Hyperprotons modélisés comme des protons libres dans un espace-temps à singularités de type “trou-blanc”.
Ainsi une solution diluée-dynamisée contiendra des ondes rémanents en quantité proportionnelle à la densité de matière ayant disparu et dont la fréquence est caractéristique de cette matière, ce qui permet aux auteurs de proposer le premier modèle de fonctionnement de la matière animée.”
La notion d’hyperprotons laisse interrogateur…
Néanmoins, on peut se permettre d’envisager que de nouvelles expériences débouchant sur un modèle scientifiquement ”stable” sur l’efficacité des médicaments homéopathiques reçoivent l’accréditation de la communauté scientifique… En particulier, j’attends les travaux de Josephson.
Effet placebo ?
Mais revenons à des choses plus simples et concrètes. Considérons une pratique vétérinaire.
Voici un cas clinique résolu par un confrère vétérinaire :
Un élevage de poules présente une épidémie : choléra avicole. Les poules présentent d’abord des signes d’un coryza puis très rapidement survient une diarrhée et meurent en quelques jours. Un premier vétérinaire passe proposant de traiter par Bactrim, l’élevage des gallinacés. Aucun résultat. L’éleveur se prépare à être en faillite (20 000 poules) quand il demande l’avis d’un vétérinaire homéopathe…
Le remède est donné, un tube dose dilué dans quelques litres d’eau lesquelles sont versés dans les abreuvoirs. L’élevage est sauvé…
Cette anecdote pourrait être une invention… mais je vous assure que ce n’est pas le cas et on peut se demander franchement si dans une telle situation on peut limiter l’effet curatif à un simple effet placebo… Bien sur on rétorquera que l’épidémie n’en était pas vraiment une et que si on n’avait rien fait, on serait arrivé à un résultat identique, on peut également évoquer un effet retard du Bactrim…. Voire !!! Ce genre de résultats, que les sceptiques se rassurent, les vétérinaires en ont à foison…
L’acupuncture vient de rentrer officiellement par la grande porte : un diplôme d’état vient de lui être consacrée, la capacité d’acupuncture. Ceci grâce à la recherche clinique.
Ainsi l’homéopathie attend une évaluation.
Il est certain que cette évaluation ne peut être semblable à celle de la médecine allopathique basée sur des essais cliniques de grande envergure ou les patients sont choisis sur des critères bien évalués.
L’homéopathie est donc livrée à quatres adversaires :
• L’incrédulité des officiels qui ne comprennent pas que l’on puisse évaluer une pratique selon des critères qui ne sont pas les leurs.
• Une validation du mode d’action des remèdes
• Les laboratoires pharmaceutiques qui veillent patiemment à ce que cette médecine ne vienne pas leur piquer des clients.
• La prescription du praticien qui dépend elle-même de plusieurs facteurs que nous avons évoqués précédemment.
Néanmoins, essayez !
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